L'agriculture marocaine face au défi climatique : les stratégies d'adaptation en 2026

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L'agriculture marocaine face au défi climatique : les stratégies d'adaptation en 2026

Face à la sécheresse, l'agriculture marocaine innove en 2026. Irrigation intelligente, cultures résilientes et technologies de pointe : découvrez les stratégies d'adaptation.

 

En 2026, les agriculteurs marocains opèrent dans un contexte climatique marqué par une intensification des contraintes. Face à une pénurie d'eau structurelle et à une hausse continue des températures, le secteur agricole – pilier de l'économie et garant de la sécurité alimentaire – est engagé dans une transformation profonde. Cette adaptation, devenue impérative, repose sur l'adoption de technologies innovantes, le déploiement de pratiques culturales résilientes et un soutien politique renforcé.

1. Le contexte : Une pression climatique accrue

Le Maroc est reconnu comme un « point chaud » climatique, particulièrement exposé aux sécheresses et à la raréfaction des ressources en eau. Le constat pour la campagne 2025-2026 est sans appel : les réserves en eau dans les barrages agricoles restent limitées, à un taux de remplissage d'environ 27%.

  • Raréfaction de l'eau : Les agriculteurs font face à une baisse structurelle des ressources hydriques. La période 2019-2022 a été la plus sèche depuis les années 1960, et un déficit pluviométrique d'environ 32% est constaté depuis 2019.
  • Détérioration des sols : La sécheresse persistante appauvrit la matière organique des sols et réduit leur capacité à retenir l'eau, dégradant ainsi le potentiel productif des terres.

2. Les stratégies d'adaptation déployées

Pour transformer ces défis en opportunités, les agriculteurs, avec l'appui de l'État, déploient un éventail de solutions techniques et technologiques.

🔵 Gestion de l'eau : optimiser chaque goutte

L'eau est la priorité absolue. L'adaptation se concentre sur l'efficience de son utilisation :

  • Irrigation de précision : Les systèmes d'irrigation goutte-à-goutte sont massivement subventionnés et déployés. Près de la moitié des terres irriguées en sont désormais équipées.
  • Irrigation d'appoint : Un Programme National d'Irrigation Complémentaire des Céréales vise à sécuriser les rendements sur un million d'hectares d'ici 2030.
  • Systèmes intelligents : L'utilisation de capteurs d'humidité du sol, de données satellitaires et d'outils d'intelligence artificielle pour piloter l'irrigation se généralise, permettant d'adapter les apports aux besoins réels des cultures.

🌾 Pratiques culturales : cultiver autrement

L'adaptation passe par une profonde modification des méthodes de travail du sol et des choix culturaux.

  • Semis Direct : Technique majeure pour préserver l'humidité du sol, le semis direct est encouragé sur plus de 400 000 hectares pour la campagne 2025-2026, avec un objectif d'un million d'hectares à l'horizon 2030.
  • Diversification et cultures résilientes : Face au stress hydrique, les agriculteurs s'orientent vers des variétés de céréales tolérantes à la sécheresse, des plantes aromatiques et médicinales moins gourmandes en eau, et l'agriculture biologique, qui bénéficie d'une demande croissante.

📱 Transformation numérique : l'agriculture de précision

Le numérique est un levier central pour optimiser les décisions et les rendements face à la variabilité climatique.

  • Satellite et drones : Ces technologies fournissent des données en temps réel sur la santé des cultures et l'état des sols, permettant des interventions ciblées.
  • Blockchain et traçabilité : Pour répondre aux exigences des marchés d'exportation, notamment européens, la technologie blockchain est utilisée pour garantir la traçabilité et la qualité des produits, renforçant ainsi leur valeur.

💡 Soutien politique et financier : un écosystème solide

Le gouvernement marocain, à travers la stratégie "Génération Green 2020-2030", structure cette adaptation.

  • Aide aux intrants : Distribution de 1,5 million de quintaux de semences certifiées à prix subventionnés pour la campagne 2025-2026.
  • Assurance agricole : Un million d'hectares de céréales, légumineuses et oléagineux sont couverts par l'assurance multirisque climatique pour protéger les revenus des agriculteurs.
  • Allègement de la dette : Un rééchelonnement des dettes, avec exonération des pénalités, a été accordé pour soulager les trésoreries, notamment pour les redevances d'eau d'irrigation.

3. Regard vers l'avenir : l'impératif de la durabilité

Les projections à long terme confirment l'urgence d'accélérer cette transition. Selon le projet de recherche GEMMES Maroc, même un scénario où 75% des besoins en irrigation seraient couverts en 2050 aurait un impact économique significatif, boostant la production agricole de près de 4% et le PIB de 0,5% par rapport à un scénario à 50%.

La mobilisation des eaux non conventionnelles (dessalement, réutilisation des eaux usées traitées) apparaît désormais comme une nécessité pour sécuriser l'approvisionnement. De plus, le renforcement du conseil agricole est crucial pour accompagner les petits et moyens agriculteurs dans la maîtrise de ces nouvelles technologies et pratiques.

ConclusionEn 2026, l'adaptation de l'agriculture marocaine au changement climatique est une réalité en mouvement. Elle ne se limite plus à la gestion de la crise, mais s'inscrit dans une refonte durable du modèle agricole, plus économe en ressources, plus technologique et plus résiliente. La réussite de cette transition collective conditionnera la sécurité alimentaire et la stabilité socio-économique du pays pour les décennies à venir.